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Compte-rendu par Fabrice MAZEROLLE
En introduction,
Jean-Pierre VIDAL a rappelé qu'avant le pacte, la situation
économique des pays européens était caractérisée par des déficits
chroniques, ainsi qu'un endettement public parfois très élevé.
L'apport du Traité de
Maastricht, puis celui du pacte de stabilité (déficits inférieurs à
3% du PIB et dette publique inférieure à 60% du PIB) fut de
permettre une répartition des responsabilités macroéconomiques entre
les pays européens ainsi que la mise en place de la monnaie unique.
L'objectif était d'obtenir un environnement macroéconomique stable
et propice à la croissance par un retour à des finances publiques
saines.
En effet, dans un tel
environnement stable et prévisible, les agents économiques peuvent
faire des choix adéquats et mieux éclairés. De plus, la réduction
des déficits publics abaisse les taux d'intérêt et permet une
augmentation de l'investissement privé (effet d'éviction positif).
Ceci ne signifie pas,
bien sûr, une remise en cause des politiques budgétaires en tant que
moyen de stabiliser automatiquement la conjoncture. Il est clair par
exemple que les indemnités de chômage constituent un moyen de
maintenir la demande même lorsque les agents privés ne trouvent
plus à s'employer en raison d'un ralentissement économique. En
outre, on sait que les prélèvements sont une fonction de l'activité.
En effet, ils augmentent avec l'activité et empêchent ainsi la
surchauffe par la modération sur la dépense privée qu'ils
entraînent.
D'un autre côté, il
n'est pas question de défendre avec frénésie ces mécanismes
keynésiens : on sait très bien, par exemple, qu'une réduction des
impôts n'exerce pas forcément un effet de relance, puisqu'il arrive
que les agents économiques anticipent que cette baisse sera suivie
d'une hausse future encore plus grande, contre laquelle ils se
prémunissent en épargnant plutôt qu'en dépensant la somme qui leur
est provisoirement rendue par l'allégement fiscal (c'est l'effet de
Ricardo-Barro).
Toutefois ces mécanismes
de défiance à l'égard des politiques budgétaires sont atténués plus
qu'amplifiés par le pacte de stabilité, car celui-ci à pour objectif
la réduction des déficits, ce qui ne peut qu'augmenter la confiance.
Tout ceci plaide en
faveur du pacte de stabilité, cela d'autant plus depuis que l'UEM
existe : la disparition des taux de change implique que les
ajustements se font désormais par le jeu exclusif des taux
d'intérêt. Dès lors quand un état connaît un déficit trop élevé, ce
n'est plus sa monnaie qui baisse, mais les taux d'intérêt européens
qui montent, freinant l'investissement partout en Europe. De ce
point de vue, le pacte est un choix vers plus de discipline et de
respect du voisin.
Jean-Pierre VIDAL a fait
une analogie entre le règlement d'une copropriété et le pacte de
stabilité et est passé à l'analyse du bilan. Il a distingué la
période avant la monnaie unique (1992-1997) et la période depuis.
En fait, selon Jean-Pierre VIDAL, la première période a été
caractérisée par une pression fiscale relativement forte, ce qui a
permis de maintenir les déficits dans des bornes acceptables. Dans
la seconde période, la pression fiscale a pu baisser du fait de la
réduction des taux d'intérêt (et donc de la charge de la dette). Il
faut surtout retenir qu'aujourd'hui les déficits et la dette sont
partout en voie d'amélioration si on fait une comparaison avec la
période antérieure où il n'y avait aucun pacte. Jean-Pierre VIDAL a
toutefois regretté que les gouvernements n'aient pas suffisamment
exploité les conditions macroéconomiques favorables créées par le
pacte.
L'intervention de
Jean-Pierre VIDAL a suscité de nombreuses questions dans
l'assistance. Madame la présidente du Comite Européen de Marseille,
Monique BELTRAME, lui a demandé ce qu'il pensait de la question des
déficits excessifs de la France et de l'Allemagne, tandis qu'un
membre de l'assistance renchérissait en demandant à Monsieur VIDAL
ce qu'il pensait de la déclaration de Romano PRODI qualifiant de
stupide, voici quelques mois, le pacte de stabilité. Monsieur VIDAL,
qui est davantage un technicien qu'un politique, est resté
relativement aphone sur ces questions.
Un apéritif convivial à
clôturé la conférence-débat. |